Extraits & citations sur la dermatillomanie

En ce qui concerne les affections de la peau, le grattage est une des formes archaïques du retournement de l’agressivité sur le corps (…). La honte consécutive vient de ce qu’on sent que si l’on commence à se gratter, on ne pourra pas s’arrêter, qu’on est mené par une force incontrôlable et et cachée, qu’on est en train d’ouvrir une brèche dans la surface de la peau. La honte à son tour tend à être effacée par le retour de l’excitation érotique trouvée dans le grattage, selon une réaction circulaire de plus en plus pathologique.

Anzieu, D. (1985). Le Moi-peau

La Dermatillomanie concerne des patients ayant des troubles psychologiques en lien avec la déprime, l’anxiété, l’ennui et la souffrance psychique.

Gieler, U. (2013). Self-Inflicted Lesions in Dermatology : Terminology and Classification. ACta Derm Venereaol, 93: 4-12.

Comme la trichotillomanie ou l’onychophagie, la dermatillomanie (ou grattage pathologique) est considérée à tort comme un trouble apparenté au TOC et souvent traité avec des psychotropes anti-TOC, des antidépresseurs sérotoninergiques. Notre expérience avec ces troubles nous révèle qu’il s’agit plutôt de troubles impulsifs que compulsifs.

Dr Hantouche – Psychiatre, conseiller scientifique, expert des troubles anxieux et bipolaires.

Les dermatologues devraient demander aux patients qui souffrent de dermatillomanie si leurs excoriations de la peau pourraient être liés à des événements personnels difficiles. Poser cette question donnerait aux patients une première occasion de parler de ces événements et de commencer une psychothérapie.

Misery L, Chastaing M, Touboul S, Callot V, Schollhammer M, Young P, Féton-Danou N, Dutray S. Psychogenic Skin Excorations : Diagnostic Criteria, Semiological Analysis and Psychaitric Profiles. Acta Derm Venereaol 2012 ; 92 : 416-418.

La peau et les phanères sont les parties du corps d’emblée accessibles pour être martyrisés dans un besoin de se rassurer, de se défouler, de canaliser dans le geste une attaque de la peau. Le besoin est là, de se gratter, de se ronger les ongles, de s’arracher les petites peaux qu’on appelle à juste titre des envies, de se tordre les cheveux, de se les arracher. Comme s’il s’agissait de l’incapacité de laisser ses mains immobiles et comme si ces gestes nuisibles étaient un moyen de se calmer, de combler l’attente, d’empêcher le temps de prendre toute la place. Il y a bien une sorte de pulsion à attaquer sa peau, pour vérifier qu’elle va le supporter, qu’elle va se régénérer, et qu’il sera encore possible de recommencer à la soumettre au charcutage. C’est un mal pour un bien. S’écorcher vif pour combler l’angoisse du vide de l’inactivité.

Martine Fabre – La peau : reflet de votre état physique et psychologique.

Les lésions auto-infligées sur la peau (Self-inflicted skin lésions – SISL) impliquent différents professionnels de santé : les dermatologues, mais aussi les médecins généralistes, les psychiatres et les psychologues. Même si chacun aura une grille de lecture clinique en fonction de sa spécificité, les SISL sont clairement corrélés à des troubles psychologiques.

Giegler, U. (2013). Self-Inflicted Lesions in Dermatology : Terminology and Classification. ACta Derm Venereaol, 93: 4-12.

La Dermatillomanie est une réaction impulsive et n’appartient pas aux Troubles Obsessionnels-Compulsifs (TOC) : l’impulsivité est définie comme un échec ou une inefficacité dans la tentative de contrôle d’un comportement.

Misery, L. (2012). Psychogenic Skin Excoriations : Diagnostic Criteria, Semiological Analysis and Psychiatric Profiles. Acta Derm Venereal, 92: 416-418.

La peau ne représente pas seulement la limite du corps et de l’espace psychique d’un individu, elle est aussi une surface de deux mètres carrés environ sur laquelle s’expriment émotions, mouvements pulsionnels, affects, pensées, et où apparaissent les traces laissées par le temps, les cicatrices de traumatismes anciens, les marques d’appartenance à un axe, à un groupe social, l’inscription dans une filiation…

Sylvie Consoli et Silla Consoli – Psychanalyse, dermatologie, prothèses, d’une peau à l’autre.

80 % des maladies de peau ont une origine psychologique, celui qui en est atteint est quelqu’un qui a beaucoup de choses à dire, mais qui n’y parvient pas. Il parle alors avec sa peau. Notre épiderme semble posséder son propre langage, chargé de relayer tous les non-dits de notre vie. Les raisons de cette interaction entre le cerveau et la peau sont simples : ils ont tous les deux la même origine embryologique.

Danièle Pomey-Rey – La peau et ses états d’âme.