Causes

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Les causes de cette pathologie demeurent encore inconnues. Néanmoins, certaines théories mentionnent des hypothèses de facteurs génétiques, biologiques, psychologiques et environnementaux.

Une hypothèse courante est que la Dermatillomanie est souvent un mécanisme d’adaptation pour faire face aux niveaux élevés de tensions internes ou de stress de l’individu, et que cette personne aurait des réponses insuffisantes au stress. Les études comportementales semblent confirmer cette hypothèse, le triturage impulsif de la peau résultant d’un renforcement automatique.

Contrairement aux théories neurologiques, des psychologues pensent que le comportement du triturage de la peau est le résultat d’une colère refoulée et ressentie envers des parents autoritaires, rigides ou qui induisent des non-dits et des tabous.

La Dermatillomanie pourrait également être un trouble du comportement de « l’instinct de toilettage » ou « auto-toilettage » (self-grooming), dans lequel il y aurait une composante génétique ou biologique. On retrouve en effet des comportements similaires chez les animaux qui peuvent se gratter ou mordre leur corps, au point de se causer des dommages corporels.

D’autres chercheurs pensent qu’il s’agirait d’un mécanisme auto-apaisant ou exutoire, car de nombreux patients parlent d’un « état hypnotique » pendant le triturage, de « semi-conscience », voire même d’état de transe. Le triturage de peau semble être un moyen pour certaines personnes d’augmenter leur niveau d’activité quand ils s’ennuient, ou de contrôler leurs émotions quand ils se sentent anxieux, tendus ou contrariés. Le fait que certaines personnes peuvent réguler leurs émotions en grattant leur peau peut être la raison pour laquelle ils développent inconsciemment cette manie. Le grattage impulsif peut être un moyen de mettre l’esprit dans un « état ralenti  » ou « endormi », afin de gérer les sentiments qui semblent insurmontables.

Chez certaines femmes, la Dermatillomanie peut fluctuer en fonction du cycle menstruel.

La Dermatillomanie ne doit pas être confondue avec les comportements d’automutilation comme les coupures, brûlures ou se frapper la tête. Même si le triturage de peau fait apparaître des lésions cutanées et qu’il y a parfois de la douleur auto-infligée – la Dermatillomanie n’est pas un comportement mutilatoire. En effet, les personnes souffrant de Skin Picking ne souhaitent pas se causer de la douleur afin de soulager un sentiment ou afin de se montrer qu’ils ont le contrôle sur leur corps (comportements borderline). Au contraire, ils cherchent une sensation agréable ou de soulagement suite à des ressentis de détresse, de honte ou de culpabilité. Ils ne souhaitent pas se faire mal, au contraire.

La Dermatillomanie peut avoir plusieurs causes et commencer pour différentes raisons. Néanmoins, deux en particulier restent fréquentes. Tout d’abord, le grattage impulsif peut survenir suite à une blessure ou une maladie de peau. Lorsque la plaie commence à cicatriser, une croûte se forme et commence parfois à démanger. Cela peut conduire la personne à prendre plaisir à gratter ses croûtes pour ressentir du soulagement. Un comportement de grattage conditionné et incontrôlé se met alors en place. La deuxième raison est plus psychologique, les personnes atteintes de Dermatillomanie auraient commencé le triturage pendant ou peu de temps après un événement très stressant dans leur vie. La personne apprend lentement à soulager ses émotions négatives par le grattage et met ainsi en place une habitude psychologique et comportementale de grattage.