Traitement médicamenteux et pharmacologique

A ce jour, il n’y a pas de traitement reconnu pour le trouble de la Dermatillomanie. Les individus peuvent réagir très différemment aux psychotropes, et il n’y en a pas un qui ait réellement fait ses preuves dans la pathologie du triturage de la peau jusqu’à maintenant. Il faut également prendre en compte le fait que différents types ou stades de Dermatillomanie existent, et que plusieurs traitements sont donc possibles.

Cela dit, plusieurs traitements pharmacologiques ont déjà été proposés pour le traitement de la Dermatillomanie et peuvent apporter certains résultats :

  • Les ISRS (inhibiteurs spécifiques de recapture de la sérotonine) (par exemple : le Prozac) ont démontré leur efficacité dans le traitement des TOC, ce qui a fourni un argument en faveur du traitement de la Dermatillomanie. Malheureusement, il y a encore peu d’essais sur la Dermatillomanie, mais ils seraient efficaces notamment sur la réduction des comportements de triturage (doxépine, clomipramine, naltrexone, pimozide, l’olanzapine). Cependant  la rémission complète n’a pas été observée.
  • Les antagonistes des récepteurs opioïdes agissent en modifiant les circuits de la dopamine, ce qui diminuerait les effets agréables et d’apaisement du triturage. Mais il y a encore peu d’études sur la Dermatillomanie.
  • Les agents glutamatergiques, tels que la N-acétylcystéine (NAC), ont une action sur les systèmes excitatoires de neurotransmetteurs d’acide aminé. Ces produits ont montré une certaine capacité à réduire des comportements problématiques tels que la dépendance à la cocaïne ou la trichotillomanie. Quelques études ont pu montrer une diminution de la Dermatillomanie avec un traitement par la CNA.
  • Par ailleurs, le Topiramate, un médicament anti-épileptique, a été utilisé dans le traitement de la Dermatillomanie lors d’une petite étude avec des individus ayant le syndrome de Prader-Willi, et il a été prouvé qu’il réduisait les comportements de triturage de la peau.

En plus de ces médicaments et classes de psychotropes, d’autres produits pharmacologiques sont actuellement testés.

Le traitement pharmacologique ne peut se suffire à lui-même, il aide à diminuer les symptômes, non à les traiter définitivement. Toute prise de médicament est une « béquille », elle doit être accompagnée d’un traitement psychologique, afin de traiter les causes du grattage et les comportements conditionnés.